HITLER ACCÈDE AU POUVOIR (Janvier 1933)

Le 30 janvier 1933, le président Hindenburg nomme Adolf Hitler chancelier, dans la légalité républicaine définie par la Constitution de Weimar. À ce moment-là, son parti, le Parti ouvrier allemand national-socialiste (N.S.D.A.P.) ou Parti « nazi » qui veut tenter, après Mussolini, une synthèse du nationalisme et du socialisme dans le cadre d'un État raciste à construire, est le plus important d'Allemagne depuis les élections législatives de 1932. Il doit son ascension fulgurante, d'une part, au traumatisme que fut, pour les Allemands, le traité de Versailles qui mit fin à la Première Guerre mondiale (le Diktat), d'autre part, à la grave crise économique qui touche le pays depuis 1930. En janvier 1933, l'ancien chancelier von Papen propose à Hitler l'alliance parlementaire qui lui permet d'être appelé à la chancellerie par le vieux président Hindenburg. Le cabinet Hitler ne compte toutefois que deux membres du N.S.D.A.P., dont Hermann Göring. Von Papen est vice-chancelier. Les formes républicaines semblent respectées : cependant, dès février (un mois plus tard), l'incendie du Reichstag fournit le prétexte pour se débarrasser du Parti communiste allemand, le plus puissant d'Europe. Les libertés publiques sont suspendues et les premiers camps de concentration s'ouvrent. Les livres jugés non conformes à la nouvelle idéologie sont brûlés; la persécution des Juifs commence. En quelques mois à peine, toutes les organisations politiques et syndicales sont interdites : seul le parti nazi a droit de cité. L'ordre nouveau qui s'installe précipitera le monde dans un conflit et une catastrophe sans précédent dans l'histoire.

ANSCHLUSS (Mars 1938)

Parvenu au pouvoir en Allemagne en janvier 1933, Hitler, au nom du pangermanisme, souhaite le rattachement (Anschluss) de l'Autriche au IIIe Reich. En juillet 1934, il soutient ainsi une tentative de coup d'État menée par les nazis autrichiens. Le chancelier autrichien Dollfuss est assassiné, mais le coup d'État échoue, notamment grâce à l'action de Mussolini, qui masse des troupes sur le Brenner. Quatre ans plus tard, alors que l'axe Rome-Berlin a été constitué, le nouveau chancelier autrichien, Kurt von Schuschnigg, ne bénéficie plus de cet appui. Le 11 mars 1938, menacé par Hitler d'une intervention militaire et privé de tout appui britannique ou français, Le chancelier autrichien Schuschnigg démissionne. Conscient des ambitions affichées par les nazis, von Schuschnigg voulait en effet organiser un plébiscite sur le maintien de l'indépendance autrichienne. Le 12, les troupes allemandes de la Wehrmacht ont pénétré dans l'État fédéral d'Autriche et occupé Vienne. Le 14, Hitler y fait une entrée triomphale. Quatre ans après l'échec du coup de force qui avait coûté la vie au chancelier Dollfuss, voici donc réalisée l'incorporation de l'Autriche au Reich, réclamée sur place par les groupes nazis de Seyss-Inquart. C'est à Linz, où il avait passé une partie de sa jeunesse, qu'Hitler, accueilli par un délire d'acclamations, a proclamé, le 13 mars, ce rattachement, l'Anschluss, qui fait de l'Autriche la "marche de l'Est", l'Ostmark, du Reich. L'Anschluss est proclamé le 13 mars, dans l'indifférence internationale. Frappées de stupeur, les démocraties protestent vainement.
Quant aux populations annexées, elles ne font pas mystère de leurs préférences : Un plébiscite est alors organisé par Hitler : le 10 avril 1938, Autrichiens et Allemands, soumis à de fortes pressions, se prononcent à 99,75 p. 100 pour l'annexion. L'Autriche, devenue Ostmark, marche de l'Est du Reich, est alors mise au pas par les nazis.

ACCORDS DE MUNICH (Septembre 1938)

Fidèle à son pangermanisme proclamé, Adolf Hitler réclame avec plus d'insistance que jamais, en septembre 1938, la cession au IIIe Reich du territoire tchécoslovaque sur lequel vit la minorité germanophone des Sudètes. L'Allemagne est prête à la guerre pour obtenir gain de cause. Le 28 septembre, Benito Mussolini, poussé en ce sens par le Premier ministre britannique Arthur Neville Chamberlain, promoteur d'une politique d'apaisement avec l'Allemagne nazie, demande la tenue d'une conférence internationale pour régler la question. Celle-ci se tient à Munich, les 29 et 30 septembre 1938. Dans la nuit du 29 au 30 septembre 1938, les accords de Munich sont signés par Hitler, Mussolini, Édouard Daladier, chef du gouvernement français, et le Premier ministre britannique Arthur Neville Chamberlain. Hitler obtient pleine satisfaction concernant le rattachement au Reich de la minorité allemande des Sudètes qui avait été incorporée à la Tchécoslovaquie. La paix est sauvée. Les accords qui en résultent imposent à la Tchécoslovaquie l'annexion du territoire des Sudètes par l'Allemagne, et à celle-ci l'engagement de se satisfaire du nouvel état de fait. La guerre européenne qui se profilait semble donc écartée. Dans leurs foyers comme dans la rue, les Français, qui ont cru la guerre imminente, sont rassurés et contents. Les anciens combattants, qui ont connu l'horreur des tranchées, participent eux aussi à ce que Léon Blum appellera plus tard un «lâche soulagement». En mars 1939, cependant, en violation des accords de Munich, Hitler achève de démanteler la Tchécoslovaquie. Le diktat de Munich n'était pas cet accord honorable auquel on voulait croire et la guerre tant redoutée n'aura été repoussée que d'un an.